Aux confins du communisme français

Dans son liLe sociologue Bernard Tabuteauvre  « Recul et avenir du PCF », le chercheur Bernard Tabuteau propose une réflexion sur le déclin du communisme en France et son éventuelle renaissance…

Tout est parti d’un coin de table au lendemain des élections de 2002. « Je discutais avec des amis du séisme qui venait de se produire », se souvient Bernard Tabuteau, chercheur en sciences sociales. C’est ainsi qu’a émergé l’idée du livre intitulé Recul et avenir du PCF qu’il vient de publier. A l’époque, Lionel Jospin manque la marche vers le second tour de la présidentielle. Robert Hue, alors candidat pour le Parti Communiste français (PCF), atteint tout juste 3,37 % des suffrages exprimés.
Le cataclysme permet à Jean-Marie Le Pen de franchir le cap du premier tour. Mais Bernard Tabuteau s’interroge davantage sur le sort du PCF : « Comment a-t-il pu’atteindre 20% dans les années 1970 pour ensuite faire moins de 5% en 2002 ? » Rien à voir avec une simple équation mathématique. Pour le docteur en économie, ancien Secrétaire Général du Centre d’Etudes et de Recherches sur les Qualifications (Cereq), la question mérite une attention particulière. D’autant plus que ce dernier sent une forme d’attachement envers le Parti communiste pour y avoir milité durant des années…
Une enquête sociologique
Pas question cependant de s’épancher. A travers ce livre, Bernard Tabuteau n’émet en effet aucun jugement de valeur. Il s’agit plutôt de décortiquer les faits historiques à la lumière d’une série d’entretiens avec une quarantaine de militants (anciens et actuels). De l’Ancien Ministre au Député-Maire, en passant par le journaliste, l’ouvrier, l’agriculteur ou l’étudiant, chacun des témoins fournit sa propre vision de l’évolution du parti et contexte social dans lequel il s’est inscrit. « Chacun s’est exprimé avec une grande liberté de parole », commente l’auteur. Seule ombre au tableau : les témoins ne sont pas cités nommément. « Je n’indique que leurs initiales pour rester rigoureux », explique le chercheur. Tous les événements y sont néanmoins abordés. Des plus glorieux aux moins évidents.
Histoire un peu courte
Sans nul doute, à travers ses 414 pages, Bernard Tabuteau embrasse toute l’histoire sociale de la France à partir des années 1920 jusqu’à nos jours. Il explique ainsi comment ce parti d’ouvriers s’est appuyé sur le monde syndical pour évoluer. Il évoque la stratégie d’union de la Gauche qui fut défavorable au PCF De même, l’emballement de la société capitaliste y trouve sa place. De quoi ouvrir vers une réflexion sur l’avenir. Hélas, cette partie du livre reste relativement courte, à peine une centaine de pages… Peut-être pour mieux l’écrire après 2012 ?
Marjolaine Dihl

Article paru dans la Marseillaise, le 26 décembre 2011.
« Recul et avenir du PCF », Bernard Tabuteau, éd. Le temps des cerises, 24 euros, 2011.

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