Camille et Manolo, le rêve devenu réalité

Camille et Manolo dirigent le théâtre du Centaure à Marseille depuis une vingtaine d’années. Un nouveau chapiteau les ancre aux portes des calanques.

Paru dans « La Lettre du Spectacle » , le 7 octobre 2016, par Carole Filiu-Mouhali.
Photographie © Francesca TODDE

Impossible de les séparer, Camille et Manolo. Ils sont le Centaure, ce théâtre né il y a une vingtaine d’années de leur rencontre. Lui est Parisien, a grandi au fil de l’équitation et rêvait d’un endroit immense où pourraient cohabiter chevaux et artistes. Elle, vit dans la région marseillaise où elle se passionne pour l’art vivant et le théâtre balinais. Après un séjour en Indonésie, elle rencontre Manolo avec qui elle élabore le projet concret du Centaure, l’acteur et le cheval ne faisant plus qu’un, un Nous utopique et indivisible dans le théâtre.

Ils s’installent à Marseille où ils occupent un premier chapiteau à Pastré, à proximité des calanques. « Marseille est une mégalopole, elle a cet aspect de dureté. Mais la présence de la mer et de la nature lui apporte une forme de sauvagerie, raconte Camille. Le Centaure se situe entre les deux, dans un mélange entre l’homme et l’animal. » Depuis 12 ans, le couple peaufine son rêve, le Nouveau Centaure, qui sera inauguré ce 13 octobre. 13 charpentiers indonésiens ont construit depuis 2010 ce chapiteau en bois de récupération. Cet écrin sera situé dans les quartiers difficiles des Baumettes et de la Cayolle, sur un espace de 9 000 m² qui s’inscrit dans le futur parc de « La porte des Calanques ». « Nous souhaitons réintroduire le cheval dans la ville et la nature, affirme Manolo. Nous allons rayonner sur ce territoire afin de le faire évoluer, qu’il devienne une utopie réalisée. »

Au-delà des actions éducatives, le Centaure poursuit son exploration créatrice. Camille et Manolo travailleront prochainement avec Fabrice Melquiot, directeur du théâtre Am Stram Gram, qui souhaite écrire avec eux et sur eux. Ils seront également invités au Danemark par Eugenio Barba, penseur de l’anthropologie théâtrale, pour une carte blanche à Aarhus, capitale culturelle européenne en 2017.

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