Marseille au-delà des clichés

A travers un blog, Dominique Milherou, un Marseillais d’adoption, fait découvrir sa ville aux curieux prêts à arpenter la cité phocéenne pour une visite alternative.

Toursime-marseille.com ! Rien que le nom de domaine de son site jette un trouble. Lorsque, en 2013, il a créé son blog, Dominique Milherou n’imaginait pas entrer en concurrence avec l’office de tourisme de Marseille. Il suffit pourtant d’inverser les termes pour tomber sur le vitrine Internet de l’institution.

« J’avais juste envie de recenser toutes mes balades sur un site web. C’était plus facile pour les classer et pour les montrer à mes amis », confie l’auteur. Curieux de tout et, surtout, de Marseille, il alors continué sa besogne jusqu’à rassembler près d’un millier de fiches sur des lieux aussi variés qu’incongrus. Il en va de même pour son arrivée dans la cité phocéenne.

Une pépite cachée

Originaire du pays basque, il vivait depuis douze ans à Paris. Lassé de la vie dans la capitale, comme le reste de sa bande d’amis trentenaires, il décide un jour de prendre le large. Destination : Marseille, car l’une des amies y avait des attaches. « On est tous partis en même temps. On était une vingtaine, en comprenant les enfants, se souvient-il. En plus, contrairement aux statistiques, on a tous trouvé du travail, sans avoir aucun réseau sur place. »

Dominique Milherou se lance alors à la découverte de sa nouvelle ville. Chaque week-end, il se fixe un objectif : un lieu à découvrir. Avant de s’y rendre, il se renseigne sur l’histoire du site et sur ses particularités. Encore aujourd’hui, il poursuit cette pratique. « Quand je n’ai pas d’idée, je pioche dans mes fiches », raconte-t-il. Dès ses premières visites, c’est la révélation. Il a « l’impression de découvrir une pépite qu’on [lui] aurait cachée » Jamais lassé par sa quête, le bloggeur l’avoue. « C’est une passion envahissante .»

Il y passe chaque jour au moins une demi heure. Tous les textes ou images ne sont toutefois pas de sa production. Il admet récupérer du contenu libre de droit. Ce qui fait parfois grincer des dents. Mais l’objectif de son blog, assure-t-il, « n’est pas du tout commercial ». Il refuse d’ailleurs les offres de professionnels du tourisme. « Si je fais une fiche sur un lieu, c’est parce que j’y suis allé et que ça m’a plu. C’est tout », insiste-t-il. On peut ainsi y trouver des informations sur l’ilôt des Feuillants, un immeuble haussmannien qui, malgré une mobilisation citoyenne, deviendra un hôtel de luxe. Et, à côté de cette fiche sur une création visible dans le 1e arrondissement réalisée par les artistes Sébastien Zanello et Clément Puig. Les abonnés à son fil d’actualisation, sur Twitter et Facebook, semblent apprécier cet éclectisme.

L’important, pour le bloggeur c’est surtout de permettre de faire découvrir Marseille autrement. Si bien qu’il réalise, chaque jour une revue de la presse locale. Il épluche aussi le site de l’Institut de recherches archéologiques préventives (Inrap). Il y déniche l’objet de ses futures pérégrinations. A croire que le virus se propage à travers la toile. De nouveaux amis, originaires de Toulouse cette fois, comptent eux aussi emménager à Marseille.

Marjolaine Dihl

(Paru le 03/01/16 dans La Marseillaise)

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