Mozambique, terre des femmes

DSC_0046Olga Loforte arbore fièrement les couleurs de la Marche Mondiale des Femmes à Tunis, où le mouvement s’est réuni fin mars à l’occasion du Forum Social Mondial. Pour Axelle, la Mozambicaine revient sur les progrès de son pays en matière d’égalité femmes-hommes et sur les prochains défis.

Par Sandrine Lana, publié dans la revue belge Axelle, n° 179, avril 2015

 Où en sont les droits des femmes au Mozambique ?

« Les femmes ont acquis beaucoup de droits ces dernières années, comme le droit à la propriété. Mais la plus grande conquête est le droit à l’avortement, grâce à la révision du Code pénal fin 2014. La représentativité des femmes en politique s’améliore constamment. Nous avons d’ailleurs beaucoup de femmes au Parlement [plus de 30 %, ndlr] et au gouvernement [6 ministres sur 24, ndlr]. Enfin, la loi de 2009 sur la violence domestique est aussi très importante. La violence contre les femmes est culturellement ancrée, au sein du foyer comme dans l’espace public. Ces gestes donnent le contrôle à l’homme sur nos corps. Avant, beaucoup de victimes n’osaient pas dénoncer ces oppressions mais maintenant, les personnes qui en ont connaissance peuvent dénoncer pour elles. En revanche, et c’est un frein pour nos droits, l’expropriation des terres due à l’exploitation minière pèse sur les femmes. Dans la province de Nampula, la présence d’entreprises qui exploitent les minerais les menace directement. »

Pourquoi est-ce particulièrement un problème rencontré par les femmes ?

« En raison de la division sexuelle du travail, les femmes doivent subvenir aux besoins en nourriture et en eau de leur famille. Cela leur confère un pouvoir économique et social dans la communauté. Quand une femme perd sa terre, elle perd souvent le seul travail qui lui est permis de faire. Le slogan de la Marche des Femmes est « Nous continuerons à marcher jusqu’à ce que toutes les femmes soient libres ! » En Afrique, tant que l’on touchera à notre terre, cette liberté ne sera pas acquise. »

Pourquoi et comment marchez-vous ?

« Nous marchons pour dénoncer le patriarcat et le machisme. Ici, la place de la femme est traditionnellement à la maison et il nous revient de conquérir notre liberté. Pour cela, nous disposons de l’espace public que nous occupons en protestant contre les violences dont nous souffrons. »

Quelles sont les actions que vous allez mener au Mozambique cette année ?

« Le 17 avril, jour de la journée de la femme au Mozambique, nous étions dans les rues pour dire : « Nous sommes des femmes et nous sommes capables de lutter pour nos droits. » Nous préparons aussi des campements pour les jeunes féministes dans toutes les provinces et des caravanes nationales rejoindront d’autres marches d’Afrique au Kenya pour un grand rassemblement. »

La marche mondiale des femmes – Mozambique

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