FORMATIONAgriculture Bio : C'est le moment de se convertirNéosapiens, paru le 01/06/2007 Face à la demande accrue pour une alimentation de qualité, les nouvelles formations aux métiers du bio se multiplient.Plus de 40% des Français consomment des produits biologiques au moins une fois par mois (*). Et s’ils sont de plus en plus nombreux à manger bio, les consommateurs français sont aussi de plus en plus pointilleux sur la qualité et la provenance.
Autant d’exigences auxquels les professionnels répondent du mieux possible au sein d’exploitations agricoles, d’industries et d’artisanats agroalimentaires et de points de vente biologiques. Car encore faut-il pouvoir bien se former à ce mode très particulier de production, de transformation et de distribution.
« Pour répondre à la demande, nous avons besoin d’informer sur l’agriculture biologique pour en casser l’image rétrograde et de former des professionnels », déclare Jean-Marie Morin, animateur du réseau des établissements de formation Formabio mis en place il y a une vingtaine d’années par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche.
Les formations les plus demandées concernent pour l’heure le maraîchage biologique. Parmi la soixantaine de formations publiques et privées répertoriées en France, la majorité est délivrée en continu (60%). Les adultes possédant une expérience professionnelle peuvent ainsi passer un BPA (brevet professionnel agricole) leur permettant de s’installer avec des aides de l'Etat. Il existe aussi deux certificats nationaux de spécialisation de « conduite en production agrobiologique » et de « technicien conseil en agriculture biologique ». D'autres établissements proposent seulement une ou plusieurs Ucare (unité capitalisable d'adaptation régionale ou à l'emploi) de quelques dizaines d’heures chacune.
Quant aux formations initiales (40%), seuls deux lycées agricoles, à Brioude et à Saint-Affrique, délivrent jusqu’à présent un bac professionnel CGEA (conduite et gestion de l'exploitation agricole) à orientation agriculture biologique. La matière est aussi abordée sous forme de modules optionnels spécifiques dans des formations générales du type BEPA (brevet d’études professionnelles agricoles) ou BTSA (brevet de technicien supérieur agricole). Plusieurs écoles d’ingénieur agronome fonctionnent également avec des modules. Unique en France, le certificat d'études supérieures en agriculture biologique de l'Enita (Ecole nationale ingénieurs des travaux agricoles) de Clermont-Ferrand offre une spécialisation après une formation d’ingénieur.
Face aux besoins, de nouvelles formations initiales verront bientôt le jour. Ainsi, l’Ecole d’ingénieurs en agriculture, alimentation, développement rural et environnement (Isara-Lyon) annonce pour la rentrée 2007-2008 un nouveau master en « agroécologie et ingénierie agronomique » dont l’objectif est « d’associer les compétences de l’agronomie « à la française » (…) à celles de l’agroécologie (…) afin d’accompagner le développement de systèmes de production durables », peut-on lire sur le site universitaire. « Un autre projet de licence en « agriculture biologique conseil et développement » pourrait être finalisée pour la rentrée 2008-2009 », ajoute Jean-Marie Morin. Selon l’option choisie, la licence offrira des débouchés dans le contrôle et la certification, le conseil aux agriculteurs et l’animation.
Andréa Haug
Pour en savoir plus :
> Réseau Formabio :
> Carnet de la formation en agriculture biologique :
(*) baromètre Agence BIO / CSA, fin 2006.
PORTRAIT : Frédéric Génin, paysan-boulanger bio à Cavaillon
« Mon bonheur est dans le blé »
Installé à Cavaillon, Frédéric Génin produit son pain bio à partir de sa propre farine. Ses trente tonnes de grains sont moulues par un artisan meunier de la région. Toutes les nuits, il se met aux fourneaux pour préparer une dizaine de variétés : pain à l’épeautre, complet, de mie, etc. Issu d’une famille d’agriculteurs conventionnels, Frédéric Génin suit après la cinquième un brevet de technicien agricole pour devenir maraîcher. « A l’époque, il n’y avait rien sur l’agriculture biologique, se souvient-il. Je me suis donc formé seul et auprès de maraîchers bio. » Après une expérience de ferme auberge, il s’intéresse en 2005 au système « Amap » de vente directe de paniers de fruits et légumes. « Comme il n’y avait aucun boulanger bio dans le réseau, je me suis lancé », explique-il. Un an plus tard, il démarre sa production. Une reconversion réfléchie puisque l’exploitant s’est formé en pâtisserie des années plus tôt. « En fait, j’ai toujours hésité entre agriculture et boulangerie. » A présent, il apprécie le moment où ses pains sortent du four. C’est là, dit-il, qu’il juge de la qualité de son travail.
A. H.
ENCADRE : Cinq professions dans l’agriculture biologique :
1 - Agriculteur biologique
Nature : L’exploitant agricole biologique réalise sa production sans apports chimiques. En plus d’une formation à l’agriculture conventionnelle, cette profession requiert des notions propres à la pratique agricole : lutte biologique, sens de l’observation, etc.
Salaire : environ 1200 euros nets par mois.
Formation : Brevet professionnel responsable d’exploitation agricole.
CFPPA Bourg-lès-Valence
Avenue de Lyon 26 500 Bourg-lès-Valence Tél. : 04 75 83 23 10 Fax : 04 75 83 01 02 e-mail : cfppa.bourg-les-valence@educagri.fr Site web : http://www.cfppa.valence.educagri.fr
2 - Technicien conseil en agriculture biologique
Nature : Ce professionnel a pour mission d’accompagner les exploitants agricoles dans leur conversion à l'agriculture biologique. Il effectue dans ce but un diagnostic technico-économique et environnemental de l’exploitation. Il peut être employé par les chambres d'agriculture, des associations ou des coopératives biologiques.
Salaire : Le salaire démarre à environ 1300 euros nets par mois.
Formation : Technicien conseil en agriculture biologique après un BTS agricole ou une expérience professionnelle.
CFPPA La Cazotte
Route de Bournac
12 400 Saint-Affrique Tél. : 05 65 98 10 35 Fax : 05 65 49 03 58 e-mail : cfppa.st-affrique@educagri.fr Site web : http://www.la-cazotte.educagri.fr/cfppa/
3 - Contrôleur d’exploitation en agriculture biologique
Nature : Cet agent réalise chaque année un audit des cultures, de la comptabilité, etc. des entreprises agricoles afin de leur permettre de maintenir (ou non) la certification agriculture biologique.
Salaire : entre 1300 et 1500 euros nets par mois.
Formation : BTS agricole avec une spécialité dans l’agriculture biologique. Les candidats retenus dans l’un des organismes agréés (Ecocert, Agrocert, Aclave, etc.) suivent très souvent une formation complémentaire en interne ou dans un centre de formation.
4 - Ingénieur recherche et développement spécialisé en agriculture biologique
Nature : Cet ingénieur-chercheur réalise des travaux scientifiques pour l’amélioration des techniques de culture biologique au sein d’un institut technique, d’une chambre d’agriculture ou d’un centre de recherche.
Salaire : de 1500 à 4000 euros par mois.
Formation : Ingénieur agronome spécialisé dans l’agriculture biologique.
Agrocampus Rennes
65 rue de Saint-Brieuc - CS 84215 35042 Rennes Cedex - France Tél. : 02 23 48 50 00 Fax : 02 23 48 55 10
5 - Vendeur conseil en produit biologique
Nature : Ce commercial est spécialisé dans la vente et le conseil à la clientèle dans des magasins de distribution de produits alimentaires biologiques.
Salaire : à partir de 1200 euros nets par mois.
Formation : Certificat de qualification professionnel (CQP) de vendeur conseil en produits biologiques. Il peut notamment être obtenu en alternance sur la base d'une semaine par mois pendant onze mois au siège de Biocoop SA et trois semaines en magasin bio.
Biocoop
Le Triangle 9-23 rue Paul Lafargue 93200 Saint-Denis Nicole Lefranc Tél. : 01 55 93 22 11 Fax : 01 55 93 21 91
e-mail : cqp@biocoop.fr Site web : http://www.biocoop.fr
Dossier paru dans Néosapiens n°1, avril-juin 2007.
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