EMPLOILes campagnes manquent de professionnel(le)sNéosapiens, paru le 07/09/2008 La profession de vétérinaire se féminise et les zones rurales peuvent redevenir attractives, à condition de s’organiser.Merci, doctoresse ! » dira-t-on bientôt plus fréquemment à notre vétérinaire pour avoir soigné nos compagnons à quatre pattes. En effet, la profession est en train de se féminiser en France. De nos jours, 70% des candidats au concours annuel d’entrée aux écoles sont des femmes.
La conjoncture n’empêche pas pour autant chaque année à deux mille candidats de tenter leur chance. Après deux ans de classe préparatoire BCPST (biologie, chimie, physique, sciences de la Terre) au concours catégorie A, les quatre cents à cinq cents postulants reçus sont répartis, selon leur classement national, dans l’une des quatre écoles sous l’égide du ministère de l’Agriculture et de la Pêche : Alfort, Lyon, Toulouse ou Nantes. Il est à noter que 10% des admis sont titulaires d’une licence de biologie de deuxième année (concours B), d’un BTSA (concours C) ou d’un doctorat (concours D). UNE SEULE VOIE DE FORMATION
Démarrent ensuite quatre ans de formation scientifique, technique et clinique ponctués de stage (en vaccination, en chirurgie, etc.). En cinquième année, les étudiants choisissent une spécialité toujours en école ou bien un master en université. Certains passent un nouveau concours, pour devenir inspecteur vétérinaire, par exemple. Le titre de docteur vétérinaire n’est obtenu qu’après la soutenance d’une thèse. S’il le souhaite, le jeune diplômé poursuit par une spécialisation approfondie de trois ans en sciences vétérinaires ou en recherche académique. Contrairement à d’autres orientations, il n’existe pas d’écoles privées ni de formation continue pour devenir vétérinaire. En revanche, suite à une réforme appliquée depuis la rentrée 2006, le diplôme est reconnu au niveau européen. A savoir aussi que les médecines douces sont de plus en plus appréciées et l’ostéopathie équine rencontre un beau succès. « Attention toutefois à suivre une spécialisation reconnue, sinon on tombe dans l’exercice illégal », prévient Dona Sauvage. Citons l’école de Toulouse qui propose en formation continue un diplôme d’Etat d’acupuncture. MULTIPLES DEBOUCHES
S’il existe une unique voie de formation, les débouchés, eux, sont pléthore. Sur les quatorze mille vétérinaires en titre en France, les praticiens canins ou « vétérinaire de ville », en démarcation des premiers vétérinaires qui étaient ruraux et en charge d’animaux d’élevage, sont majoritaires. Quand il démarre à son compte, le (ou la) jeune vétérinaire peut connaître une période difficile, le temps que sa clientèle s’étoffe et que ses investissements soient amortis, mais la rémunération de fin de carrière est en général très confortable. Diagnostic, prescription de médicament, soin, écoute du patient, dialogue avec les maîtres, radiologie, échographie, analyses biologiques, anesthésie, chirurgie, veille postopératoire… Le côté « multi-facettes » du métier demande des années d’exercice pour passer de la théorie à la pratique. Et il n’est pas rare de tomber sur des « colles » en fin de carrière. En outre, les horaires sont parfois irréguliers avec des gardes de nuit et des déplacements. Il faut savoir que ce marché urbain commence à s’essouffler, contrairement à celui des campagnes, de l’industrie agroalimentaire ou encore de la recherche en institut public (Institut national de recherche agronomique, Institut Pasteur, etc.) ou privé (centres de recherche pharmaceutiques, etc.). Il est donc possible de faire carrière dans une direction des services vétérinaires, dans un laboratoire de biologie, dans un service de l’Armée, dans un parc zoologique, etc. S’il soigne nos animaux domestiques, le vétérinaire est aussi de nos jours devenu l’incontournable des filières de production animale, de santé publique ou du contrôle de la biodiversité des espèces. Souhaitant concilier vie de famille et carrière, les praticiennes libérales se regroupent de plus en plus en cabinet pour partager les tâches et le planning. « En plus de profiter du mercredi, chacune peut approfondir une compétence particulière », souligne Dona Sauvage. Néanmoins, en plus de ces solutions organisationnelles et structurelles, une haute dose de motivation et d’amour envers les animaux est fortement requise pour exercer à son compte. |