EMPLOI« Ne plus avoir peur d’être entrepreneur »Arborescience, paru le 03/04/2007 Ingénieur informaticien, Eric Niakissa, 24 ans, est depuis quelques semaines aux commandes de sa toute nouvelle société Odimat spécialisée dans le marketing et la communication sur Internet. Parce qu’il croit en leurs capacités, il encourage ses pairs à se lancer comme lui dans l’aventure entrepreneuriale.
Arborescience : Que pensez-vous de l’esprit d’entreprendre en France ?
Eric Niakissa : Les idées - parfois étonnantes - sont là, mais il existe une véritable crainte de passer à l’acte de création. Avec la crise de l’emploi, beaucoup préfèrent devenir avocat ou médecin pour la sécurité du poste et de la rémunération. En outre, le goût de l’entreprenariat pourrait être décuplé, s’il était davantage enseigné. Ce n’est qu’en troisième année d’école d’ingénieurs que j’ai pu suivre une conférence sur ce thème. Au Québec, par exemple, des modules présentant des débouchés concrets sont intégrés dans chaque filière, y compris dans celle des lettres. Arborescience : Quels sont concrètement les freins à la création d’entreprise, selon vous ? Eric Niakissa : Trop d’idées reçues dissuadent les jeunes diplômés : « Créer une entreprise relève du parcours du combattant. » Faux : un réel allègement administratif s’est opéré. Pour ma part, ma société vient de voir le jour en seulement quatre mois de procédure et cette durée est compressible. J’entends aussi : « Il faut beaucoup d’argent. » Dans ce cas, des prêts d’honneur existent, mais peu le savent ou osent les demander. L’argent n’étant pas tout, on dit souvent : « Je n’ai pas de réseau professionnel. » Pourtant, tout le monde possède un carnet d’adresses en raison des contacts noués au cours de ses études ou d’un stage, par exemple. Beaucoup pensent également qu’il faut « être le meilleur pour réussir ». Bien sûr que les compétences et les savoirs priment, mais tout jeune diplômé rigoureux les possède. L’important est de bien savoir communiquer et vendre. Si l’on n’a pas encore développé ces techniques, pourquoi ne pas s’associer ? Les solutions sont multiples. Arborescience : Quels conseils donnez-vous pour créer sa propre activité ? Eric Niakissa : Si la création en elle-même peut être rapide, la première précaution est de prendre le temps de monter son projet et de ne pas hésiter à s’entourer de professionnels, comme les incubateurs et les structures d’aide à l’innovation. Une fois l’entreprise créée, mieux vaut éviter de rester seul. Louer un bureau dans une pépinière d’entreprises, par exemple, est utile pour dissocier activité professionnelle et vie privée. C’est aussi bénéfique pour le réseau et enrichissant en termes d’échange de points de vue. Il est certain que monter sa propre société fait prendre des risques, mais tenter une telle expérience n’est jamais une erreur dans un parcours car cela permet de toucher à plein de domaines professionnels. En outre, elle apporte la satisfaction d’être allé au bout de son rêve. Propos recueillis par A. H. > Cliquer pour faire par de vos réactions à Eric Niakissa, responsable d'Odimat |