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FORMATION

Réforme de l’Université, ça chauffe !
Arborescience, paru le 27/06/2007
En plus d’une probable canicule, la température devrait monter d’un cran, cet été, du fait de l’examen par le Parlement en juillet 2007 du projet de loi sur la délicate réforme de la gouvernance et de l’autonomie des universités.
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Autonomie et conseil d'administration
Encore en discussion fin juin, le projet propose les points suivants :
- Les chefs d’établissement devraient obtenir plus de marge de manœuvre dans la gestion administrative et du personnel ;
- Le conseil d’administration passerait de soixante à vingt personnes représentatives : universitaires, étudiants, mais aussi représentants municipaux, départementaux ou encore d’entreprises désignées par le président. La communauté étudiante serait représentée à hauteur de 15% contre 23% jusqu’à présent ;
- Sur demande, les établissements pourraient s’affranchir de l’Etat et des collectivités territoriales, c’est-à-dire acquérir une « autonomie optionnelle », respectivement pour la gestion de leur budget et des ressources humaines, mais aussi des équipements et des locaux ;
- Héritée du précédent système de diplôme, la sélection sur dossier des étudiants se fait de nos jours entre la première année de master (ancienne maîtrise) et la deuxième année (ancien DEA ou DESS). Le texte de loi propose de ramener la sélection à l’entrée en master.
Nouvelles discussions
Alors que la nécessité de réformer l’université est reconnue de tous, le président de la République Nicolas Sarkozy a reporté d’une semaine lundi 25 juin le passage du projet de texte devant le conseil des ministres, suite aux désaccords exprimés lors de la réunion entre le ministère et le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) appuyés par les réserves de la Conférence des présidents des universités (CPU) exprimées au chef de l’Etat dans la matinée de ce lundi. « Sur cette réforme, qui est essentielle, l'implication du président de la République est absolument cruciale, expliquait la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse au journal Le Monde (26-6-07). Parce qu'il faut qu'il dise au pays où il veut nous emmener. » Après la réunion avec Nicolas Sarkozy, Michel Lussault, troisième vice-président de la CPU, rapportait ne pas savoir « sur quels points le texte [pouvait] bouger, mais [avoir] eu un vrai sentiment d'écoute, d'échange sur le fonctionnement des universités » (Libération, 26-6-07). Les représentants étudiants ont également salué l’esprit de concertation affiché.
Risque de mobilisations étudiantes
Si le sujet fait débat, les représentants des présidents d’université et les syndicats étudiants étaient unanimement sceptiques devant le projet initialement présenté par la ministre. Chaque communauté de représentants souhaite être mieux représentée dans le conseil d’administration. Les représentants universitaires craignent aussi que l’autonomie optionnelle profite surtout aux établissements déjà bien fonctionnels au détriment des facultés moins bien loties. Quant aux syndicats étudiants, ils dénoncent notamment le projet de sélection en première année du master qui masque le problème du taux d’échec en premier cycle (licence) et la pénurie en France d’étudiants en comparaison avec les pays européens.
Des mouvements étudiants sont d’ores et déjà annoncés si le projet de réforme était voté en l’état. A la canicule estivale suivra peut-être un été indien prononcé.
Andréa Haug
> Pour en savoir plus :
Document de travail sur le projet de réforme de l’Université depuis le site du Ministère de l’Enseignement supérieur
Andréa Haug