« En traçant des frontières, nous fragmentons les habitats du vivant »
Et si les frontières, ces murs que les humains érigent partout, étaient contraires à la nature elle-même ? Jérôme Sueur, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle, explore dans son livre *Frontières vivantes* comment le vivant fonctionne grâce à des zones de contact et d’échanges, bien loin des barrières étanches. Que ce soit entre une forêt et un champ, ou à l’échelle d’une membrane cellulaire, ces lisières sont des lieux de vie, pas de cloisonnement. Pourtant, nos sociétés modernes, obsédées par la fermeture des frontières, étouffent les écosystèmes et les humains. Routes, murs, grillages… ces obstacles fragmentent les habitats et condamnent des espèces entières, comme les loups ou les jaguars. Une réflexion qui interroge : et si, pour survivre, nous devions enfin accepter la porosité ?